Retour sur la formation hydroélectricité

« Petite et moyenne hydroélectricité, enjeux énergétique et problématiques environnementales »

Vendredi 28 novembre 9h-17h30 à Cuttura – Auberge du Vieux Moulin

Intervenants : - Parc Naturel Régional du Haut-Jura : Bertrand Devillers ADERA – ADEME : Fabrice Bouveret Les Amis des Moulins du Jura : Jean-Paul Duchemin Société des Chutes de l’Ain : Jean-Pierre Grand

Participants : 25 personnes représentant : les Amis des Moulins du Jura, des élus communaux, des entreprises/sociétés locales et JNE

Programme : 09h00 : Accueil 09h30 : Interventions en salle de Fabrice Bouveret - ADERA/ADEME et Bertrand Devillers - PNR Haut-Jura 10h30 : Déplacement et visite de la centrale de Lavancia avec Jean-Pierre Grand 12h30 : Repas 14h00 : Visite de la centrale du Lizon avec Jean-Paul Duchemin 15h30 : Echanges public - intervenants, questions divers etc…

Après un accueil chaleureux à l’Auberge du vieux moulin, un temps d’intervention avec diaporama est donné à Fabrice Bouveret qui nous dresse un bref historique de l’utilisation de la force hydraulique, de l’hydroélectricité avant de se pencher sur le fonctionnement technique d’une centrale, les différentes configurations possibles et le matériel adapté, ainsi que sur les enjeux énergétiques (proportion d’électricité produite par l’hydraulique, caractère renouvelable de cette énergie, etc.)

A Bertrand Devillers ensuite de présenter les problématiques environnementales : impacts sur le cours d’eau liés à l’hydroélectricité et en particulier à la présence des nombreux seuils (ayant ou non un usage). Il est alors question d’atteintes à la bonne continuité écologique des cours d’eau (continuités piscicole et sédimentaire, dynamique du cours d’eau et des sédiments, température de l’eau et eutrophisation, concentration des polluants chimiques et organiques dans les sédiments, etc.). La politique et le travail du PNR-HJ sur les seuils nous sont également présentés, ainsi que la réglementation en vigueur pour les ouvrages hydroélectriques (passes à poissons, débit réservé, etc.)

En fin de matinée, un déplacement en mini-bus, loués pour l’occasion, s’effectue vers Lavancia où nous découvrons les configurations des deux stations jumelles de Lavancia gérées par Jean-Pierre Grand de la Société des Chutes de l’Ain. Ces centrales, avec une puissance totale installée de 1800kW, représentent une installation importante de la moyenne hydroélectricité. Les aménagements pour l’environnement nous sont présentés : passe à poissons, clapet pour le relargage des sédiments, etc.

Retour pour le repas à l’Auberge du vieux moulin.

En début d’après midi, nous visitons avec Jean-Paul Duchemin la centrale du Lizon. Ce moulin restauré fait fonctionner en continu une roue en bois sur le modèle historique. Cette roue permet une faible production électrique utilisée pour le chauffage du bâtiment. En parallèle, une turbine de modèle récent a été installée et fonctionne de manière discontinue en fonction du débit du cours d’eau et de la réserve en eau de la retenue. Les normes environnementales ne sont pas toutes respectées, et Mr Duchemin explique son choix : présence des seuils depuis des siècles, ce qui n’a pas empêché le bon maintien de populations de poissons et de la bonne qualité des cours d’eau. C’est en revanche les pollutions depuis un demi-siècle qui altèrent la qualité des cours d’eau. Ce point de vue est partagé par les représentants des amis des moulins.

Nous finissons cette journée par un temps en salle qui permet à différents gestionnaires de centrales de présenter le contexte dans lequel ils travaillent et leur point de vue sur les aménagements imposés pour l’environnement :

  • Jean-Pierre Grand – Société des Chutes de l’Ain : Salarié d’une société, elle-même filiale d’une grande entreprise suisse Hydrowatt. Les réglementations environnementales sont respectées sans difficulté car la société a les moyens financiers pour les mettre en place. Très proche des bureaux d’études, les actions vont souvent au-delà de la réglementation (exemple de la population de Lamproie de Planer de Lavancia).

  • Bernard Lachambre de la SAS (Société par Actions Simplifiés) ERCISOL –Energie Renouvelable CItoyenne et SOLidaire- : Il s’agit d’un groupement d’actionnaires qui place de l’argent pour des projets de production d’énergies renouvelables. La SAS gère différentes centrales et d’autres types de production électrique. Le respect des règlementations environnementales est une évidence pour les actionnaires, la SAS a pour valeur la protection de l’environnement, tant dans sa globalité que localement.

  • Rodolphe Goydadin – RG énergie : Particulier ayant acheté une vieille centrale pour la refaire fonctionner. Investissements financiers importants pour la restauration de la centrale. Les contraintes réglementaires n’ayant pas été incluses au projet dès le début, il est désormais compliqué pour ne pas dire impossible de financer une passe à poisson. Cette contrainte lui parait aberrante par son coût et du fait qu’il ne modifie pas le cours d’eau par rapport à son état initial à son arrivée.

La journée se termine sur quelques échanges sur la difficulté pour les petits gestionnaires de respecter cette règlementation du fait du coût important (bureau d’étude et travaux lourds). On remarque que si ces contraintes sont incluses dans un projet très en amont, et avec l’accompagnement de différents acteurs, il est plus facile de les surmonter.

 Jura Nature Environnement conclut qu’une organisation et des contacts réguliers entre les différents protagonistes de la production hydroélectrique et de la protection de l’environnement sont indispensables pour améliorer ces problématiques. En ce sens, une rencontre prochaine entre JNE et les Amis des Moulins est envisagée.

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