sylviculture continue, irrégulière et proche de la nature

Retour sur la formation forêt du 10 juillet 2014

La météo ne fut pas clémente pour ce jour là, aussi les participants se sont bien volontiers accommodé d'une matinée en forêt au lieu d'une journée complète, l'après-midi s'étant poursuivie bien au sec et au chaud dans l'auberge du coin.

La matinée a été consacrée à la visite de parcelles forestières privées à base d'épicéa, sapin et hêtre gérées en futaie jardinée, situées à Mouthe à une altitude oscillant autour des 1100 mètres avec des pentes allant de 20 à 60%. Le bois mort (au sol et sur pied) est particulièrement abondant au sein des parcelles visitées.

Les participants (gestionnaires d'espaces naturels, techniciens de chasse, spécialistes du Grand Tétras, élus communaux, naturalistes, etc) ont pu découvrir les principes de base de la sylviculture continue, irrégulière et proche de la nature qui ont suscité des questionnements et de riches échanges de part la diversité des interventions.

L’approche de gestion proposée par Pro Silva est une sylviculture d’arbre, avec préservation du sol, maintien d'une diversité d’essences et de strates, avec une exploitation forestière douce, une gestion à l’arbre en privilégiant les gros et beaux bois. Pro Silva distingue trois population d’arbres : les arbres à valeur économique, les arbres sans valeur économique ou à forte valeur écologique, les arbres à conflits (enjeux croisés). Peu d’arbres entrent dans cette dernière catégorie dans les forêts gérées en appliquant ces principes. L’objectif de la gestion est de récolter les intérêts du capital c’est-à-dire d’évaluer l’accroissement forestier et de ne pas dépasser ce taux de prélèvement en adaptant la fréquence des d’interventions pour chaque parcelle (cycles de 8 ans environ pour les secteurs visités). Il n'y a pas de "sectionnalisation" de la forêt (parcelles totalement préservées qui cautionnent la surexploitation d'autres parcelles) mais une approche multifonctionnelle de la gestion forestière.

Le mode d'exploitation du bois : La maîtrise de l'exploitation est importante et les gestionnaires forestiers sont prêts à mettre 1 à 3 euros de plus pour avoir une bonne équipe de bucherons. L'abattage est directionnel. Le débardage se fait en grande longueur, les grumes sont tirés sur toute la longueur (utilisation d'un débusqueur à câble). La vente du bois se fait en bord de route.

Le changement climatique : Trop devancer le changement climatique en introduisant certaines essences n'est pas forcément pertinent. Mieux vaut jouer la carte du mélange d'essence et de voire à 8-10 ans comment la forêt évolue.

Certains participants auraient souhaité en savoir plus sur la gestion en forêt de feuillus. Peut-être pourrons-nous proposer une nouvelle formation en 2015 ? A suivre...

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